Industrie 4.0 : Un avenir prospère grâce aux NTIC

Industrie 4.0Le maillage des technologies intelligentes, une fiction ? Non, ce concept semble dorénavant bien réel, et ce, en raison de l’avantage comparatif qu’il propose aux entreprises qui l’adoptent.

Par exemple, l’industrie 4.0 promet des usines intelligentes capables d’offrir une production flexible et de confectionner des articles uniques de façon rentable selon les exigences individuelles des clients. Elle permettra, entre autres, une transparence dans les processus de fabrication facilitant la prise de décision. Aussi, l’évolution technologique entrainera la création de valeurs et des modèles d’affaires nouveaux ainsi que l’atteinte d’une productivité continue et des gains d’efficacité. Enfin, l’usine 4.0 libère le salarié de certaines tâches pour lui permettre de se concentrer sur des activités à valeur ajoutée, ce qui facilite notamment la prise en compte de divers facteurs démographiques (vieillissement de la population, éloignement, etc.).[i]

Dès lors, ces avantages comparatifs rendent cette révolution industrielle plutôt attrayante pour les entreprises de tous les secteurs. Elle devient même pour certains États développés, comme les États-Unis, un moyen de lutter contre la délocalisation[ii].

Contexte des plus favorables à l’essor de l’industrie des TIC

Malgré la possible montée du protectionnisme américain, l’Observatoire des stratégies de commercialisation de l’innovation (OSCI) envisage une « relance très durable » de l’économie québécoise dans un avenir proche. « Rarement dans ma carrière, ai-je vu un “alignement” favorable pour que notre économie se “distingue” des autres économies », affirme ainsi le conseiller stratégique au développement des partenariats de l’OSCI, Michel Langelier. Effectivement, l’OSCI croit que le contexte est des plus favorables notamment en raison de l’engagement des différents gouvernements canadiens : feuille de route en économie numérique au Québec, création d’une banque d’infrastructures et d’une agence fédérale pour favoriser l’investissement étranger au Canada, le nouvel accord de libre-échange Québec-Europe, puis la volonté municipale de devenir des villes intelligentes…[iii]

Ainsi, le secteur manufacturier au Québec, qui aurait besoin d’une « “transformation” vers l’usine 4.0 », se voit justement offrir 850 millions $ sur cinq ans en provenance du gouvernement du Québec afin d’effectuer ce virage[iv]. Il y a également le lancement de chaires de recherche de l’Université de Montréal, IVADO, qui souhaite ni plus ni moins faire de Montréal un leader mondial dans l’exploitation du Big data avec une expertise de pointe dans les domaines de la science des données, de l’optimisation (recherche opérationnelle) et de l’intelligence artificielle. De même, Google a dévoilé en novembre dernier qu’elle investirait 4,5 millions $ sur trois ans dans l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA). [v] Ainsi, ce contexte favorable, bien qu’il se veuille global, demeure essentiellement centré sur les NTIC. Cela va de soi lorsque l’on sait le caractère innovateur de cette industrie, soit un moteur majeur et prometteur pour l’économie.

Transformation comporte des enjeux importants

Les NTIC auront certes des conséquences majeures sur l’ensemble de la société.

Premièrement, dans les entreprises, le virage numérique comporte ses défis. Tout d’abord, il semble fondamental d’investir dans les compétences en fonction des besoins futurs, à savoir le « quotient numérique au sein de l’organisation ». Ensuite, les mégadonnées, l’infonuagique et la mobilité découlant des NTIC demanderont une gestion et une expertise nouvelle au sein de plusieurs entreprises. De même, la révolution industrielle requerra une bonne adaptation ainsi qu’une « rupture créatrice », soit de sortir de sa zone de confort. Enfin, les processus de gestion des ressources humaines devront être flexibles puisque c’est approximativement 45 % des emplois en Amérique qui pourrait se voir redéfinir par ces transformations.[vi]

Deuxièmement, l’urbanisme également pourrait être affecté par les NTIC. En effet, une étude publiée dans la revue Urban Studies s’est attardée à sonder divers responsables politiques urbains, tels que des fonctionnaires administratifs, afin de connaître leur impression à l’égard des TIC dans le développement de leur ville. Il appert, entre autres, que les répondants qui perçoivent leur ville comme étant confrontés à de nombreux problèmes socio-économiques (chômage, vieillissement de la population, déclin industriel, etc.) sont susceptibles de considérer de nombreux outils TIC comme pertinents pour leur municipalité.[vii]

Troisièmement, la culture aussi est touchée par l’évolution technologique. Naturellement, le numérique a un énorme impact sur les industries culturelles, notamment sur la diversité et le financement de contenus. En effet, les transformations y sont multiples. Notons, par exemple, l’affaiblissement des intermédiaires traditionnels dans le milieu de la culture au profit d’une relation directe entre le producteur et le consommateur. Le revers de ce changement est, entre autres, un déséquilibre entre économies propriétaire et de partage.[viii]

Ces divers enjeux ne se veulent pas une présentation exhaustive des effets de la présente révolution industrielle, néanmoins ils soulèvent quelques un des multiples défis auxquelles la société dans son ensemble sera confrontée. De là, une question demeure : comment pouvons-nous tirer profit de cette transformation ?

 

[i] Henning Kagermann et al. « Final report of the Industrie 4.0 Working Group : Securing the future of German manufacturing industry : Recommendations for implementing the strategic initiative industrie 4.0 ». National Academy of Science and Engineering : Munich, avril 2013, 82 p.

[ii] Ibid. p. 15.

[iii] Michel Langelier. « Le Québec en 2017, saura-t-il se démarquer ? ». OSCI-ESG-UQAM : Montréal. En ligne. 16 décembre 2016. <http://bit.ly/2ibBzgm>.

[iv] Québec, Ministère des Finances. Budget 2016-2017 : Le Plan économique du Québec. Québec : Gouvernement du Québec, mars 2016. En ligne. <http://bit.ly/1R3cm5W>.

[v] Michel Langelier. Op.cit.

[vi] Boukouray, Jamal. « De la quatrième révolution industrielle aux fondements du leadership 5.0 ». Gestion, vol. 41, no 2 (2016), p. 76-81.

[vii] Galit Cohen-Blankshtain, Peter Nijkamp et Kees van Montfort. « Modelling ICT Perceptions and Views of Urban Front-liners ». Urban Studies, vol. 41, no 13 (2004), p. 2647-2667.

[viii] Michèle Rioux et al. « Pour une culture en réseaux diversifiée : Appliquer la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (CDEC) à l’ère du numérique ». CEIM-UQAM : Montréal. En ligne. Février 2015. <http://bit.ly/2hVS1F6>.