Le plan d’action en économie numérique, des opportunités à saisir

Nicole Martel

Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’AQT

Visiblement, le Québec s’apprête à vivre une révolution du savoir de la communication et de la technologie avec comme cible la croissance et la compétitivité des entreprises. Certes, le Plan d’action en économie numérique proposé le 20 mai dernier est de nature à stimuler notre industrie car je crois que la valeur sûre de cet ambitieux plan est sans aucun doute l’éventail de solutions développées par l’industrie des TIC, en grande partie formée de PME innovantes.

Pour articuler la stratégie, le gouvernement interpelle les grands donneurs d’ordres, les entreprises et organisations des secteurs de la production, des technologies de l’information, les centres de recherche, adoptant ainsi une démarche évolutive et complémentaire aux initiatives publiques et privées déjà en place.

Notre industrie se doit d’être la pierre angulaire de ce grand projet.

Le Québec peut miser sur des entreprises en TIC dont l’expérience se calcule souvent en décennies, qui sont bien implantées localement, mais qui ont aussi su conquérir des marchés extérieurs cristallisant ainsi une réputation d’excellence reconnue partout sur la planète. C’est pourquoi le virage numérique qu’amorceront les entreprises de tous les secteurs d’activités devrait miser sur les solutions d’ici. Les mesures fiscales visant l’adoption des technologies pour les secteurs du manufacturier et du commerce de détail vont dans ce sens. Le plan prévoit aussi favoriser les collaborations entre gros joueurs et PME, initiative que pousse l’AQT depuis plusieurs années.

Sans omettre la mise en œuvre de ce qui est sur la table

Avant que ce grand virage prenne place, il est bon de rappeler que l’AQT a fait des représentations auprès du gouvernement pour améliorer certaines pratiques relatives à l’industrie des TIC. Je pense entre autre chose aux délais indus relatifs aux remboursements des crédits d’impôt et à leur accès difficile pour certaines entreprises, des problèmes qui tardent à se régler malgré la volonté gouvernementale de corriger la situation. Même situation pour Passeport Entreprises, un plan qui vise à améliorer l’accès des PME québécoises aux contrats gouvernementaux. Bien qu’annoncé une première fois en novembre 2015 et de nouveau lors de la présentation du Plan d’action numérique présenter le 20 mai dernier, il reste encore beaucoup de travail pour l’implanter. Autre exemple, cette fois d’un projet qui n’a pas eu l’écoute escomptée et sur lequel nous comptons insister. Il s’agit d’étendre la portée du programme CDAE à des ressources spécialisées destinées à la commercialisation, une initiative qui cible directement le pouvoir de développer de nouveau marché, une mesure qui s’inscrit pourtant dans les objectifs du gouvernement de faire rayonner le Québec outre frontière.

Comme vous le constatez, outre le grand projet collectif en économie numérique que l’on vient d’annoncer et qui galvanise l’intérêt de tous, il faut garder en tête que l’industrie des TIC au Québec emploie 154 000 personnes qui comptent sur le maintien de la compétitivité des entreprises qui les emploient, une chose que l’AQT n’oublie pas et qui dicte nos actions.

Notre devise : la vigilance

Les TIC au Québec surpassent l’aéronautique et les sciences de la vie combinées en termes d’emplois. Les entreprises qui la composent représentent un moteur économique puissant. Les conditions dans lesquelles elles évoluent ont un impact direct sur leur avenir et c’est pour cela qu’il est important que l’AQT soit vigilante lors du déploiement de ce plan d’action en économie numérique.

L’AQT étant aux premières loges, nous comptons agir pour que les mesures mises en place permettent non seulement un accès aux contrats publics, mais aussi une rétroaction efficace permettant d’identifier les opportunités qui en émergeront.

Lancement du plan d'action en économie numérique

Participants au lancement du Plan d’action en économie numérique

Dominique Anglade et Philippe Couillard

Dominique Anglade et Philippe Couillard au lancement du Plan d’action en économie numérique