Le manufacturier innovant : Dynamiser les régions du Québec

La 4e révolution industrielle va dynamiser les régions du Québec.
La quatrième révolution industrielle et son effet sur le secteur manufacturier pourraient considérablement dynamiser l’économie des régions québécoise. De toute évidence, le secteur de la fabrication au sein des différentes régions devra atteindre une nouvelle étape, l’usine 4.0, après une modernisation, plus que nécessaire.

Cette révolution se caractériserait par un maillage intelligent des technologies qui affectent les modes de production, de consommation, de distribution et de gestion.

D’ailleurs, jamais le contexte n’a été aussi propice à une telle transformation de nos entreprises manufacturières. À cet effet, il y a véritablement un engagement ferme de la part des gouvernements pour stimuler l’innovation. Ainsi, Québec investira 850 millions $ sur cinq ans pour effectuer une « “transformation” vers l’usine 4.0 »[i]. Ajoutons à cela la feuille de route en économie numérique au Québec, la création d’une banque d’infrastructures et d’une agence fédérale pour favoriser l’investissement étranger au Canada, le nouvel accord de libre-échange Québec-Europe… Également, le développement d’une expertise montréalaise en intelligence artificielle[ii] aura certes des répercussions sur l’ensemble de la province.

Pour Deloitte, il y a une « renaissance industrielle en Amérique du Nord » en raison du fait qu’il deviendrait plus avantageux de moderniser les installations que de délocaliser[iii].

Paysage manufacturier dans les régions du Québec


À l’aide de la carte interactive du magazine Les Affaires, on peut dresser un portrait du secteur de la fabrication selon le lieu et le type de production. D’emblée, les domaines de la transformation alimentaire ainsi que l’industrie de matérielles de transport et de produits métalliques constituent, en termes d’emplois, les plus importants du monde manufacturier québécois[iv].

Montréal, Laval, Capitale-Nationale et Outaouais

Les régions urbaines de la province détiennent, de manière générale, une grande variété de sous-secteurs manufacturiers. La fabrication d’aliments correspond à l’activité la plus importante pour Montréal et Laval, et la seconde pour la Capitale-Nationale (les articles métalliques occupant la première place). En l’Outaouais, environ un salarié d’usine sur deux œuvre dans une manufacture de papiers ou de produits du bois. Montréal et Laval détiennent, en plus, une quantité considérable de travailleurs en confection de produits chimiques, de machines ainsi que d’articles en plastique et en caoutchouc.[v]

Régions manufacturières

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Estrie, la Chaudière-Appalaches, la Mauricie, la Lanaudière, les Laurentides, la Montérégie ainsi que le Centre-du-Québec représentent 56 % des emplois de cette sphère d’activités économiques. À l’exception de l’Estrie, elles détiennent une proportion incontournable de salariés dans le sous-secteur de l’alimentation. De même, la fabrication d’articles de bois, de produits métalliques ainsi de machines occupe une part importante des emplois de ces régions. Notons que les Laurentides se démarquent pour la confection de matériels de transport. Enfin, le papier constitue une partie majeure des emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Mauricie, en Estrie et au Centre-du-Québec.[vi]

Régions ressources

La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Nord-du-Québec, la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent détiennent 6 % des emplois manufacturiers québécois. La fabrication des produits de bois reste généralement prééminente pour les régions ressources. Point saillant, en raison de la pêche, la transformation d’aliments représente 54 % des travailleurs du monde manufacturier en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (20 % pour le Bas-Saint-Laurent). Mis à part cette dernière, la production métallique occupe une place non négligeable, quoique modeste, au sein des régions ressources. Plus de 1000 emplois du Bas-Saint-Laurent, soit environ 11 % de cette sphère économique, composent le domaine de la fabrication de produits minéraux non métallique.[vii]

Moteur de développement économique

Le secteur manufacturier incarne 14 % du PIB et constitue un secteur clé de l’économie de toutes les régions du Québec. De plus, lorsqu’il est en santé, il représente un atout indéniable pour une économie nationale dynamique, considérant qu’il favorise une balance commerciale excédentaire ou équilibrée. De même, ce secteur forme des emplois directs — dont la rémunération demeure au-dessus de la moyenne — et indirects. On peut ajouter à cela que le domaine manufacturier reste actif en ce qui concerne la recherche et le développement (R&D), ceux-ci se retrouvant généralement proches des lieux de productions. Conséquemment, l’épanouissement de ce secteur est positif pour l’ensemble de l’économie et spécialement pour les régions manufacturières. En effet, la part du PIB pour celle-ci est souvent plus élevée que les autres (19,5 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 18,4 % en Estrie, 22,6 % à la Chaudière-Appalaches, 23,8 au Centre-du-Québec…)[viii].

Valeurs ajoutés

Les usines 4.0, ou intelligentes, seraient capables d’offrir une production flexible et de confectionner des articles uniques de façon rentable selon les exigences individuelles des clients. De plus, elles apporteraient une transparence dans les processus de fabrication facilitant la prise de décision. Aussi, l’évolution technologique entrainera la création de valeurs et des modèles d’affaires nouveaux ainsi que l’atteinte d’une productivité continue et des gains d’efficacité. Enfin, l’usine 4.0 libère le salarié de certaines tâches lui permettant de se concentrer sur des activités à valeur ajoutée, ce qui favorise notamment la prise en compte de divers facteurs démographiques (vieillissement de la population, éloignement, etc.).[ix] Dès lors, ces valeurs ajoutés rendent cette révolution industrielle plutôt attrayante pour les entreprises de tous les secteurs et menacent même celle qui ne réussira pas à bénéficier de cette transformation au profit des usines innovantes concurrentes.

Conséquemment, on comprend la nécessité du virage, spécialement pour l’économie de certaines régions québécoises. Il faut donc investir dans l’implantation de TIC dès maintenant pour assurer la compétitivité future des manufactures québécoises, et ce, sur l’ensemble du territoire.

 

[i] Québec, Ministère des Finances. Budget 2016-2017 : Le Plan économique du Québec. Québec : Gouvernement du Québec. En ligne. Mars 2016. <http://bit.ly/1R3cm5W>.

[ii] Infopresse. « Montréal mène la conquête du monde de l’IA ». Montréal : Infopresse. En ligne. 18 janvier 2017. <http://bit.ly/2jhH6Wa>.

[iii] Louis J. Duhamel et Antoine Audy-Julien. Deloitte. « Le Point sur le Québec Manufacturier Objectif compétitivité : Synopsis — Tournée manufacturière Deloitte 2015 ». Montréal : Deloitte. En ligne. 2015, p. 15. <http://bit.ly/2iPLJnC>.

[iv] Pierre Théroux. Les Affaires. « Dans une usine près de chez vous ». Les Affaires. En ligne. 9 mai 2015. <http://bit.ly/2jp0ZIM>.

[v] Québec, Institut de la statistique du Québec. « Historique des statistiques principales des activités (totale et manufacturière) et des coûts (matières et énergie) du secteur de la fabrication, Québec et régions administratives » in Banque de données des statistiques officielles sur le Québec. Québec : ISQ. En ligne. 2 octobre 2015. <http://bit.ly/2kagtB2>.

[vi] Ibid.

[vii] Ibid.

[viii] Québec, Ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Direction de l’analyse économique. Portrait manufacturier des régions du Québec. Québec : Gouvernement du Québec. En ligne. 2015. <http://bit.ly/2jmlDbo>.

[ix] Henning Kagermann et al. « Final report of the Industrie 4.0 Working Group : Securing the future of German manufacturing industry : Recommendations for implementing the strategic initiative industrie 4.0 ». National Academy of Science and Engineering : Munich, avril 2013, 82 p.